Interview exclusive d’une costumière de « Coco avant Chanel »

5 mai 2009

Par Charlotte Couture

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Affiche du film "Coco avant Chanel"

Interview de Sarah Colas, stagiaire assistante costumière pour le film « Coco avant Chanel »



RAMM : Sur quels types de documents vous-êtes vous basés pour réaliser les costumes ?

Sarah Colas : Pour les costumes, la production avait déjà fait une recherche sur l’époque de Chanel, dans des livres d’histoire du costume, avec des gravures de l’époque, sur les années folles et sur Chanel elle-même, et puis le scénario étant inspiré du livre d’Edmonde Charles-Roux, nous nous sommes également basés sur le roman pour réaliser les costumes.

Combien de temps faut-il pour réaliser un chapeau, un tailleur… ?

Cela dépend des pièces, mais en moyenne, il faut compter a peu près 5 jours de travail non-stop pour un tailleur, et pour un chapeau environ 3 jours s’il n’a pas de broderies, car c’est aussi l’ornementation qui prend beaucoup de temps. Il y a aussi une scène où Chanel chante dans un cabaret avec sa sœur, elle porte une robe rose et orange avec beaucoup de broderies et des ruchés ; il fallu créer 3 robes ce qui nous a pris 3 semaines.

D’ailleurs dans cette scène, Coco Chanel enlève son corset et ses volants, on peut donc déjà voir le personnage de Mademoiselle qui se construit et simplifie les vêtements de l’époque, c’est son côté avant-gardiste.

Combien de temps-vous a-t-il fallu pour réaliser tous les costumes ?

De début juillet 2008 à mi-septembre environ !

Quel était le rythme d’une journée de travail ?

Une journée habituelle commençait à 9h et se terminait vers 18h30, en travaillant toute la journée et avec 9 couturières et 4 stagiaires.

Quelles ont étés les difficultés rencontrées lors de la réalisation ?

Il n’y a pas vraiment eu de difficultés, il y a toujours eu de l’entraide entre les couturières, et puis ce sont des professionnels. Il y avait Catherine Leterrier, costumière, Danièle Boutard, chef d’atelier, et Patrick Lebreton spécialiste du tailleur masculin, ce sont des gens qui connaissent vraiment leur métier, ce sont des pointures au niveau du costume !

Quelle a été la participation de Karl Lagerfeld ?

Il n’a pas participé aux costumes du film, en revanche, il a réalisé un court-métrage pour Paris-Moscou, dans lequel on voit Coco Chanel réalisant des chapeaux, une scène qui est quasiment la même que celle jouée dans « Coco avant Chanel », mais avec la présence d’Igor Stravinsky.

Les costumes du film peuvent-ils être considéré comme une « leçon de mode, ou de style » ?

Ils peuvent être considérés comme une leçon de style dans le sens où Chanel nous montre comment détourner la mode. Par exemple, le film montre une scène où elle utilise la cravate de son homme, ou encore quand elle arrive au château de Balsan, elle lui prend ses vêtements et les découpe à sa manière pour s’habiller. Elle nous montre une mode simple et révolutionnaire, qui va petit à petit créer le style Chanel.

Quels sont les grands looks du film ?

Dans le film ce sont vraiment des costumes d’époque, ce n’est pas vraiment le look Chanel d’aujourd’hui, même si à la fin du film on la voit en tailleur Chanel lors d’un défilé rue Cambon, mais on entrevoit déjà le noir et blanc utilisés par Chanel, ou encore comment elle détourne le jersey par exemple, matière qui à l’époque n’était pas utilisé pour les vêtements quotidiens.

Le film a-t-il suivi à la trace le roman d’Edmonde Charles-Roux ?

Le film a été librement adapté du livre. En fait ce roman est celui qui se rapproche le plus de la vie de Chanel, de sa jeunesse, donc le film est quand même proche de la réalité, même s’il reste un film et ne se veut pas documentaire, il ne fait pas de folies par rapport à la vie de Chanel ! Et c’est surtout une vision du personnage originale et forte de Chanel, et c’est comment elle arrive à devenir cette femme moderne qui intéresse la réalisatrice.

Une info sur l’interprétation d’Audrey Tautou de Coco Chanel ?

Elle a vraiment adopté la personnalité Chanel , à la fois physiquement, car Coco Chanel n’était pas le canon de l’époque, elle était assez petite, très mince, un look androgyne, et en même temps elle avait cette force de caractère que Tautou a très bien interprétée à l’écran.

Merci à Sarah Colas pour ses informations


Coco Chanel au cinéma

23 février 2009

Par Charlotte Couture

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Audrey Tautou dans le rôle de Chanel dans « Coco Avant Chanel »

2009 : L’année Chanel


Si 2008 aura été l’année des 40 ans de la maison Sonia Rykiel et des 20 ans de Martin Margiela, 2009 sera l’année Coco Chanel.

En effet, les films biographiques sur la vie de Mademoiselle Chanel sont nombreux cette année.

Alors qu’un téléfilm sur Coco a été diffusé fin décembre sur France 2, le film« Coco avant Chanel » d’Anne Fontaine, dont la sortie est prévue le 22 avril 2009 sur grand écran, raconte comment la jeune Gabrielle Chasnel devient le symbole de la femme moderne, Coco. Puis un autre biopic se concentrera sur la liaison entre le brillant Igor Stravinsky et Mademoiselle Chanel, tandis qu’un autre projet sur la vie de Coco reste encore confidentiel.

Par ailleurs, Karl Lagerfeld a lui aussi rendu hommage à la grande créatrice en lui consacrant un court métrage, disponible sur www.chanel.com lors du défilé Paris-Moscou ; un court métrage qui reprend les codes du film muet afin de rendre l’ambiance de l’époque de Mademoiselle. Il a pour but de montrer l’intérêt que Coco Chanel avait pour la Russie et sa création d’une collection inspirée du grand pays.

En revanche, si tous ces films sont basés sur la biographie de Chanel, ils ne traitent pas tous des mêmes aspects de sa vie. On vous dit comment vous y retrouver.

En décembre 2008, France 2 a diffusé un téléfilm intitulé tout simplement « Coco Chanel », réalisé par Christian Duguay avec dans le rôle de Chanel Barbora Bobulova et Shirley McLaine. Il retrace le parcours semé d’embûches de Mademoiselle mais également les coups de chance qui lui ont permis de devenir celle qu’on connaît. (Ou croit connaître…) Même s’il se concentre sur les amours de Coco et malgré sa critique assassine aux Etats-Unis, ce téléfilm nous présente son enfance difficile, ses débuts en temps que couturière, sa liaison avec Balsan et Boy Capel, et évidemment, la révolution Chanel. Ce film n’est pas un documentaire, son but n’est pas de retracer la vie de Chanel, mais bien d’essayer de nous présenter une certaine idée du personnage : «  20 films de la vie de cette femme peuvent être réalisés et ce n’est tout de même pas possible de cerner toutes les facettes de sa personnalité », nous dit Christian Duguay.


Le film « Coco avant Chanel », d’Anne Fontaine, raconte la jeunesse de Mademoiselle Chanel, interprétée par Audrey Tautou, et comment cette jeune fille devient la figure de la femme moderne. Ce film s’est inspiré de la biographie « L’Irrégulière » d’Edmonde Charles-Roux. Les débuts de vie de cette femme sont très intéressants parce qu’ils décrivent une période méconnue de sa vie où elle-même ignore tout de son destin. Il décrit un personnage original, exceptionnel : « Je crois qu’on peut incarner Coco Chanel mais qu’on ne peut pas l’imiter « , nous dit la réalisatrice.

Mais ce qui intéresse particulièrement Anne Fontaine, c’est la création du style Chanel, toujours actuel et séduisant. En effet, Coco Chanel invente une mode « existentielle » ; par exemple dans le film, pour monter à cheval, au lieu de porter la tenue d’amazone, elle invente les premiers jodhpurs féminins qu’elle pore avec une cravate. En effet, à 25 ans, elle s’échappe dans cette tenue à cheval du château d’Etienne Balsan.

Elle joue de son physique androgyne, elle crée une image à son style, d’une simplicité originale dans un contexte historique où la beauté féminine est exagérée et lourde. Même si ce film n’est pas un documentaire, il retrace au plus proche de la réalité la jeunesse de Mademoiselle, tout en y ajoutant la vision personnelle de la réalisatrice sur le personnage de Chanel.


Si « Coco avant Chanel » raconte les débuts de Mademoiselle, « Coco et Igor Stravinsky », prévu en avril 2009, se concentre sur l’idylle entre Coco Chanel (interprétée par Anna Mouglalis) et le compositeur russe Igor Stravinky. Ce film réalisé par Jan Kounen est une adaptation du livre « Coco and Igor » de Chris Greenlagh paru en 2002. Il raconte que quelques années après avoir assisté à la première du Sacre du Printemps (ballet qui généra un grand scandale par sa modernité), elle héberge Stravinsky et les siens pendant deux ans dans sa villa à Garches. Ce n’est pas une biographie mais une mise en scène d’un court moment de la vie de Chanel, «  un film sur le désir, l’amour et la passion, un film intimiste sur 2 fortes personnalités, 2 créateurs… » d’après le réalisateur.


Enfin, un dernier projet sur Coco Chanel est prévu en 2009, un film biographique sur la vie de Mademoiselle signé Danièle Thompson mais qui veut rester confidentiel.

Tous ces films ne se veulent donc pas documentaires, même s’ils se sont basés sur la vie de Coco Chanel. Ce qui intéresse donc plus particulièrement les réalisateurs ainsi que le public, c’est Coco Chanel elle -même, sa façon de vivre, d’apporter un regard nouveau à cette époque, son personnage fascinant, et comment elle devient Mademoiselle Chanel.

« Toute femme qui veut s’inventer un destin peut se reconnaître dans les premières années de Coco Chanel, jeune fille sans éducation qui rêve d’intégration tout en exacerbant ses différences », dit Audrey Tautou.

Il n’ya donc pas d’hésitation : vivement Coco Chanel sur grand écran !


Sonia Rykiel « Exhibition »

19 janvier 2009

Par Charlotte Couture

 

 

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Pour plus d’informations


En ce moment au Jeu de Paume: Lee Miller

1 décembre 2008

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Mannequin vedette de Vogue dans les années 20, photographe aux côtés de Man Ray et reporter pendant la seconde guerre mondiale, la diversité de ses photographies, des deux côtés de l’objectif, retrace toute une époque, entre glamour et horreur.

Autoportrait 1932 Lee Miller © Lee Miller Archives, England 2008. All rights reserved. www.leemiller.co.uk

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Richard Avedon au Jeu de Paume

4 juillet 2008

Richard Avedon, self-portrait, Photographer, Provo, Utah, August 20, 1980

Il s’agit de la première grande rétrospective organisée en France, qui comprend 270 œuvres retraçant la carrière de Richard Avedon de 1946 à 2004, enrichie de 40 tirages grand format de la série American West réalisée entre 1979 et 1984.

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Les parisiennes de Kiraz au musée Carnavalet…

30 juin 2008

Pleines d’humour, de sensualité et d’élégance, les parisiennes de Kiraz sont nées à travers ses illustrations dans les années 1950 . Grâce à son style unique captivant autant d’hommes que de femmes, ses silhouettes ont été publiées dans de nombreux magazines tels que Jours de France et Elle. Des publicités pour des marques de renom comme Charles Jourdan, Nivéa et Canderel les mettent également en scène.

Drôles et intemporelles, elles ont d’ailleurs une place dans le célèbre Playboy, qui depuis 1970, affiche ces femmes pétillantes dans chacun de ses numéros.

La rétrospective du dessinateur au Musée Carnavalet est donc un parcours de ses oeuvres allant de ses publications à ses peintures pleines de couleurs et de vie.

Musée Carnavalet, 23 rue de Sévigné, 75003 Paris

Tarifs allant de 2,50 € à 5 €. Ouvert tous les jours de 10H à 18H sauf le lundi jusqu’au 26 octobre 2008 .

Renseignements : 01.44.59.58.76

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Marie Antoinette au Grand Palais

27 mars 2008

Envie d’en avoir le coeur net sur cette femme au destin tragiquement extraordinaire ?

L’exposition se présente en trois actes avec changement de décor, comme au théâtre, pour mieux ressentir les trois axes de sa vie. D’abord, son enfance, son éducation à la cour d’Autriche, puis son accession au trône de France en tant que dauphine adulée. Le second axe décrit l’indépendance de Marie -Antoinette, son goût pour la mode et les arts, et sa personnalité quelque peu.. dépensière. Petit à petit, on découvre une opinion publique de plus en plus critique vis à vis d’une cour perçue comme oisive et profiteuse, jusqu’à l’échafaud.

A travers ses somptueux décors, tableaux et mobilier, l’exposition s’efforce de nous faire réfléchir sur le destin d’une reine pourtant très populaire. Etait-elle si frivole? Si superficielle? L’opinion publique avait -elle de bonnes raisons de la haïr autant? A vous d’en juger, du 15 mars au 30 juin aux Galeries Nationales du Grand Palais à Paris !

Marie-Antoinette